Ce qu'on vole à demain...
Le plafond le connaît par cœur.
Il l'a fixé des heures, immobile,
pendant que la nuit s'effilochait sans lui...
L'aube arrive avant qu'il ait fermé les yeux.
Elle ne frappe pas... elle s'impose,
froide et indifférente à ce qui n'a pas été vécu...
Il y a des matins où le corps se lève
mais l'âme, elle, est restée dans les draps.
Ces matins-là, on sait...
La nuit lui appartenait.
Il ne l'a pas habitée.
Et le jour qui suit porte le poids de ce qu'il n'a pas su prendre...
Les pensées qui jadis couraient libres
titubent comme des bougies sous le vent.
Les mots se dérobent,
les décisions pesent des tonnes...
Il s'est dit qu'un café suffirait.
Qu'il empruntait juste un peu à demain.
Mais demain arrive toujours créancier,
et les intérêts se paient dans la chair...
Car le corps tient sa comptabilité.
Il ne pardonne pas, il diffère.
Et ce qu'on lui a volé dans la nuit,
il le réclame en plein jour ... avec usure...
Une fois, le manque se traverse.
On se dit que ce n'est qu'un mauvais pas.
Mais à force de revenir sur le même chemin,
la terre finit par céder sous les pieds...
Et vient le jour où tu n'arrives plus à fermer les yeux,
même quand tout en toi appelle le sommeil...
Le repos n'est pas la récompense du travail accompli.
C'est le sol sur lequel tout travail repose.
Prends soin de toi.
#MrDNEJ

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